Syndicats et patronat ont ouvert mercredi 4 novembre 2026 une négociation interprofessionnelle sur l’emploi des jeunes, lors d’une première réunion organisée à 9 heures au siège du Medef, à Paris.
- Les cinq confédérations syndicales représentatives et les trois organisations patronales participent aux échanges.
- La première rencontre sert à fixer la méthode et les thèmes : aucune mesure n’est encore arrêtée.
- Le chômage des 15-24 ans atteint 21,6 % au deuxième trimestre 2026, contre 8,3 % pour l’ensemble de la population active.
- Cette négociation est le premier dossier de l’« agenda social autonome », conduit sans intervention du gouvernement.
Plan de l'article
Ce qui s’est passé le 4 novembre #
La réunion n’avait rien d’une séance destinée à valider un projet déjà ficelé. Il s’agissait d’abord de cadrer les discussions, de choisir les sujets à traiter et de fixer une méthode de travail. Autrement dit, les partenaires sociaux ont ouvert la porte, mais aucune proposition n’a encore franchi le seuil de l’accord.
Autour de la table se trouvent la CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC et la CFTC, ainsi que le Medef, la CPME et l’U2P. Cette composition donne à la discussion une portée interprofessionnelle, même si les positions de départ restent éloignées sur le type de contrat et le niveau de protection à accorder aux jeunes salariés.
L’emploi des jeunes inaugure l’« agenda social autonome » décidé par les partenaires sociaux. Le principe est simple : syndicats et patronat définissent eux-mêmes leurs thèmes, leur calendrier et leurs priorités, sans feuille de route ministérielle. C’est aussi une manière de rappeler qu’ils peuvent négocier directement sur les sujets du travail.
Pourquoi la négociation démarre maintenant #
Le contexte social a pesé lourd. Le sujet revient à l’agenda après des mobilisations lycéennes et étudiantes, rapporte Localtis, et une journée de mobilisation interprofessionnelle était prévue dès le lendemain, le 5 novembre, avec un appel adressé aussi aux jeunes.
Les chiffres donnent la mesure de la tension. Selon l’Insee, le chômage des 15-24 ans atteignait 21,6 % au deuxième trimestre 2026, en hausse de 0,4 point sur le trimestre. Le taux global s’établissait à 8,3 %. Pour un jeune qui cherche son premier emploi, cette différence ne relève pas d’une statistique abstraite : elle se traduit par des candidatures sans réponse et une entrée dans la vie active souvent repoussée.
Les données France Travail-Dares publiées le 28 octobre ajoutent un autre signal : 3,35 millions de demandeurs d’emploi étaient inscrits en catégorie A fin septembre, en hausse de 0,9 % au troisième trimestre. Chez les moins de 25 ans, la progression atteint 2,4 % sur le trimestre. La baisse des entrées en apprentissage a aussi pesé sur l’emploi salarié privé au troisième trimestre 2026.
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Les positions en présence #
Le Medef avait proposé en janvier 2026 un CDI pouvant être rompu plus facilement durant les premières années. Les syndicats et Matignon avaient rejeté cette piste. Pour les employeurs, une plus grande souplesse faciliterait les recrutements de débutants ; pour ses opposants, elle ferait porter le risque sur le jeune salarié.
La CFDT arrive avec une limite clairement affichée : une négociation qui aboutirait à davantage de précarité pour les jeunes constituerait une « ligne rouge ». Sa négociatrice Lydie Nicol défend l’objectif de donner aux jeunes « plus de perspectives d’avenir ». La question ne porte donc pas seulement sur l’accès au premier poste, mais sur la possibilité de construire un parcours qui ne s’interrompt pas au bout de quelques mois.
La CGT, représentée par Agathe Le Berder, pose un préalable : l’abandon du projet de contrat jeune porté par le Medef, qu’elle surnomme « CPE XXL ».
FO refuse de son côté que les débats soient enfermés dans un scénario déjà écrit. Son négociateur Yanis Aubert résume : « On repart d’une feuille blanche. On n’est ni sur le contrat de travail, ni sur un Smic jeunes. »
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Ce que cela peut changer pour les jeunes salariés et demandeurs d’emploi #
Pour l’instant, rien de concret dans la fiche de paie ou le contrat de travail. La réunion du 4 novembre n’a tranché aucune mesure. Il faut donc se méfier des annonces trop rapides : une négociation ouverte ne garantit ni un accord, ni une réforme applicable.
Un jeune qui décroche son premier poste ne cherche pas forcément un traitement spécial. Il veut surtout savoir combien de temps il pourra rester, comment il sera formé et quels droits il conservera si l’emploi s’arrête. C’est sur ce terrain — la qualité des contrats et la sécurisation des débuts de carrière — que les attentes des salariés se concentrent.
Un premier rendez-vous encore très ouvert #
| Élément | Informations disponibles |
|---|---|
| Date d’ouverture | Mercredi 4 novembre 2026 |
| Lieu | Siège du Medef, à Paris |
| Participants | CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Medef, CPME et U2P |
| Première séance | Cadrage et méthode ; rien n’est encore tranché |
| Chiffres clés | 21,6 % de chômage chez les 15-24 ans ; 8,3 % pour l’ensemble ; +2,4 % d’inscrits de moins de 25 ans en catégorie A sur le trimestre |
Les points durs déjà identifiés #
Le contrat de travail concentre les désaccords connus : la piste d’un CDI plus facilement rompable, avancée par le Medef en janvier, a déjà été rejetée par les syndicats et par Matignon, et la CGT en fait un préalable. La CFDT, elle, a fixé sa « ligne rouge » sur la précarité.
Au-delà du contrat, plusieurs leviers échappent aux négociateurs : l’orientation scolaire dépend largement de l’Éducation nationale, le logement et les transports renvoient à des décisions publiques plus larges. Un accord social pourra agir sur certains contrats, sur l’accueil en entreprise ou sur l’accompagnement, mais il ne réglera pas seul toutes les difficultés.
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Questions fréquentes #
Qui participe à la négociation sur l’emploi des jeunes ?
Les cinq confédérations syndicales représentatives — CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC — négocient avec les trois organisations patronales : Medef, CPME et U2P.
Un nouveau contrat pour les jeunes a-t-il déjà été adopté ?
Non. La première réunion du 4 novembre 2026 était consacrée au cadrage et à la méthode. Aucune mesure n’a été arrêtée.
Pourquoi cette négociation est-elle suivie de près ?
Parce que le chômage des 15-24 ans atteint 21,6 %, soit plus du double du taux global, et que les inscriptions des moins de 25 ans à France Travail ont augmenté de 2,4 % au troisième trimestre 2026.
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